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La libération à St André de Messei (près de Flers) :

6 juin 1944 – 17 août 1944.

 

Depuis 4 ans, les Français espèrent la fin de la guerre pour retrouver la liberté. Mais en cette année 1944, l’espoir se fait plus fort et le débarquement est envisagé.

Sur les côtes de la Manche sans aucun doute, mais où et quand ? Les Allemands, eux aussi, l’attendent, mais dans la crainte de furieuses batailles.

Les requis pour planter des « asperges de Rommel » dans les grands prés du Hazé, du Chesnay, des Champs Guidés… ont interdiction d’approcher le taillis de « l’ébauché » aux Champs Guidés gardé par des sentinelles.

Depuis de nombreux mois, plus d’un an aux dires de certains, des chars et des véhicules de tous types y sont camouflés bien à l’ombre des hêtres et chênes séculaires qui les protègent de la vue des avions.

Les positions semi-enterrées des chars (de 15 à 20) et des emplacements individuels sont toujours visibles plus de 60 ans après. Un grand abri enterré, recouvert de branches et de terre sert de P.C, près de la rivière que les Allemands traversent sur le pont fait de branches enlacées, pour aller manger tous les jours, à la file indienne en longeant les haies au château du bourg de Messei (actuelle mairie).

Des exercices de tir sont pratiqués dans un grand pré voisin. Cette compagnie de chars part aussitôt, le 6 juin en direction des plages du débarquement laissant sur place un nombre incalculable de munitions de tous calibres dans l’intention certaine de les récupérer plus tard, mais ils ne reviendront jamais.

Bien des gens vont, dès la fin des hostilités, récupérer des baguettes de poudre en déboîtant l’obus de la douille. Quelques années plus tard, le taillis sera entièrement déminé par les services compétents de Caen et de St-Lô.

 

 

Mardi 6 juin 1944

 

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, le bombardement de Flers réveille toute la contrée, mais surtout quelques jeunes âgés d’environ 20 ans, qui, voulant échapper aux S.T.O (Service du Travail Obligatoire), sont couchés dans les bâtiments isolés ou à l’intérieur d’une barge de fagots, aménagée en planque. L’incendie de Flers illumine la nuit tragique. Au petit matin, un bruit lointain ressemblant à un roulement continu parvient jusqu’ici. Les grosses pièces d’artillerie de la marine alliée tirent sur la côte. Les portes et fenêtres de nos maisons en tremblent. Le débarquement ! Dès le lendemain, Saint André, comme beaucoup de villages situés sur un axe routier important, va subir la guerre.

 

Mercredi 7 juin 1944

 

Des convois militaires Allemands, montant au front, traversent le bourg. Les avions alliés rôdent et ce jour là, 25 à 30 bombes pleuvent sur Saint André et les environs immédiats. L’église en reçoit deux. Une n’explose pas, mais l’autre pénètre par le pignon sur la sacristie, éclate à l’intérieur, détruisant autel, bancs, chaises et une partie de la toiture. Ce même jour, le bourg subit pas moins de quatre mitraillages. Un début d’incendie est maîtrisé avec quelques seaux d’eau au pignon ouest de la maison Haurée. Une camionnette prend feu avec des munitions et des bidons d’essence provoquant l’incendie d’un bâtiment dans le plant d’à côté. Un autre est sauvé en l’arrosant d’eau. Le soir, le pressoir appartenant à Mme. Burel est la proie des flammes, un veau est sauvé de justesse.

En face de ce bâtiment, sur la route, un camion allemand a le moteur et l’essieu avant arrachés par une bombe. Le chauffeur est resté au volant mais sans tête. Autour de l’église, des ennemis sont tués, d’autres blessés, de même dans quelques camions. Le secrétaire de mairie de Saint André, Eugène Brodin, plus que tout autre habitant, a peur des bombardements et de la destruction de son logement situé à l’étage de la mairie. Pourquoi ?

Au début de l’occupation, les fusils de chasse devaient être déclarés et déposés dans les mairies puis récupérés par les Allemands. En secret, Eugène Brodin en cache plusieurs dans les plafonds de la mairie et de l’école. Il les rendra après la guerre à leur propriétaire. Si la maison avait était détruite et les fusils découverts, imaginons le sort réservé au secrétaire de mairie par les Allemands. Aussi, pendant ces quelques jours difficiles, il passe ses nuits dans une bouverie entre la Bodangère et le village des Haies.

Ce jour là, dans la côte de Huchepie, sept véhicules allemands sont détruits. D’autres, plus tard, y subiront le même sort. Un châtaignier-tétard en conserve toujours des traces de brûlures. Lors des attaques d’avions et s’ils en ont le temps, les chauffeurs rentrent dans les champs sans ouvrir les barrières, broyant tout au passage (barrières, poteaux, clôtures…), si bien que les bêtes affolées se retrouvent sur la route et sous la mitraille. Certaines sont blessées.

La seconde quinzaine de juin et le début de juillet sont relativement moins mouvementés, ensuite des attaques de véhicules sont pratiquement journalières jusqu’à la fin, si bien que près de 35 véhicules de toutes sortes, sont mis hors combat entre Messei et la Ferrière, une dizaine dans la côte de Huchepie et plusieurs du côté de Vaudebrune – l’Être Gallet. A la sortie du chemin des Monts, un camion également qui aura fait 2 morts.

A la Trouvère, une ambulance. Plusieurs véhicules dans le bourg, un dans le virage à la Rivière et un tank en face du bâtiment du bord de route à la Rivière (1 tué).

Un camion chargé de munitions au pont du Morin explose et met le feu à la maison d’Auguste Leprovost, ainsi qu’à l’étable attenante. A noter qu’un chapelet de cinq, six bombes tombe dans un pré voisin ainsi que dans le jardin Lecomte sans faire de dégât, sinon des trous de 2 mètres de profondeur. Le pont Morin est raté de peu. Sur la route des Refours, un nommé Daigremont de Messei reçoit une balle dans l’épaule.

Le 17 juillet, un avion Allemand Fockewulf 190 A 8 (piloté par Rudolf Hoffman ou Joseph Gold) abattu à la Mérelle, victime d’un combat aérien et venant du nord, perd de l’altitude, percute le haut d’un cerisier au dessus du chemin, perd une aile dans un poteau électrique et termine sa chute dans la grange Delaroque. Le pilote y trouve une fin tragique et meurt dans la maison Bourdon.

De tous les avions qui mitraillent l’ennemi sur les routes, les P38 sont les plus efficaces. Ces doubles queues que les Allemands appellent « diables à queues fourchues » sont redoutables de part leur maniabilité.

 

Les réfugiés

 

A mesure que le front progresse, les habitants des régions concernées fuient les lieux de batailles, laissant sur place leurs maisons intactes ou écroulées sous les bombes et la mitraille. Ils emportent avec eux le nécessaire dans les véhicules allant de la voiture d’enfants, brouettes, vélos surchargés, au tombereaux et voitures à gerbes combles, traînées par des chevaux, suivis du bétail des agriculteurs.

 Ils restent environ quelques jours puis fuient plus loin dans l’espoir de trouver un coin plus calme. C’est ainsi que certains sont pris dans la tourmente à Saint André. Les premiers sont de Caen et sa région, Mondeville puis Thury Harcourt, Aunay-sur-Odon, Villers-Bocage, Condé-sur-Noireau, Tinchebray, Mon-secret, Flers et Messei. Ces arrivées prouvent que le front approche. La canonnade s’entend de plus en plus forte, Messei reçoit l’ordre de partir. Saint André s’apprête à faire pareil, chargements préparés, mais n’évacue pas. Au début, les réfugiés sont en petit nombre, venant de loin, ils font pitié et sont nourris à leurs arrivées. Ensuite, ils ont l’autorisation de se servir dans les jardins et les caves. D’autres, malheureusement sont malhonnêtes, jusqu’à voler des vaches et des chevaux. En quelques jours, à la Rivière, il y a un mouvement de 220 personnes et 20 feux à la fois sous les pommiers, puis tellement nombreux ensuite, qu’il est impossible de les compter. Des situations semblables existent presque dans toutes les fermes. On annonce également une naissance, le 10 août, dans la maison Graindorge au Breuil.

Pendant ces jours et surtout au mois d’août, les Allemands refluent. D’abord en ordre avec leurs camions, canons et combattants puis en pagaille, la poussée alliée se faisant plus rapprochée. Eux aussi utilisent beaucoup le transport hippomobile pour évacuer leur armée en déroute, les blessés, les munitions et un butin inimaginable allant de la vaisselle aux bijoux, barils de vin, d’eau de vie, bouteilles, vélos, jusqu’aux vaches qui leur procurent la nourriture. Des civils réquisitionnés sont chargés de mener les chevaux et d’accompagner les animaux sur une certaine distance, remplacés plus loin par d’autres. Dans les derniers jours, les Allemands, mais surtout les « S.S » sont arrogants et sortent souvent le revolver pour se faire remettre une vache ou un cheval ou simplement se faire servir à manger.

A la Rivière, mon père veut interdire un « S.S » de prendre une jument. L’Allemand, menaçant, sort alors son revolver et part avec l’animal. Il sera obligé de l’abandonner au bout du champ, la jument ne voulant pas gravir le talus… Les « S.S » partiront avec deux petits taureaux d’un an. Malgré leur retraite, les Allemands continuent à installer des batteries de DCA un peu partout, notamment au fond du plant du Portail, au Breuil et à la Bunodière, de chaque côté de la route, ce qui attire immanquablement les foudres des alliés par l’aviation d’une part et ensuite par l’artillerie américaine installée sur les hauteurs de Dieufit, dans les premiers jours. Pendant ce temps, les pilotes s’en donnent à cœur joie sur la D18.

 

Le samedi 12 août 1944

 

Un avion allié voulant sûrement détruire la DCA du Portail, lâche deux bombes soufflantes, tombant derrière la maison de Paul Cellier. Elles font de gros dégâts matériels. Dans le jardin, les deux pommiers et la tonnelle en charmille sont pulvérisés, et la maison fortement endommagée. Plus un agglo l’un sur l’autre au préau de l’école, plus de portes et fenêtres aux constructions voisines, la couverture de l’étable du Portail envolée… Le calme revenu et la poussière retombée, le plus grave reste à découvrir. Au Portail, aucun blessé dans les deux maisons et l’étable. Mais, venant d’un petit champ (actuel tennis), une femme se présente avec sa petite fille dans les bras, une jambe broyée au dessus du genou. Elles sont dirigées vers l’infirmerie allemande, installée au fond du plant Guillemine, au Portail.

La femme choquée, implore du secours pour une amie restée avec son fils dans le champ, et là, l’horreur !! La femme a une jambe arrachée et son fils gît inanimé, sans blessure apparente, mais tué sur le coup. Il sera enterré au cimetière avec la jambe de sa mère. Le père parti vers Saires la Verrerie chercher du pain redouble aussitôt se doutant que les bombes étaient tombées près des siens. Le pauvre homme est fou de douleur. La mère est évacuée sur l’hôpital de Pont Ramond où elle décèdera. Peut-être est-elle morte avant d’arriver, vu l’état de ses blessures. Le mari poursuivi par le malheur sautera sur une mine dans un chemin de la région de Villy-Bocage quelques temps après son retour et sera tué également.

Sur la route, les ennuis continuent pour les Allemands, non seulement les avions les obligent à s’arrêter souvent mais des planches cloutées et disposées sur la route provoquent des crevaisons. C’est l’action de quelques jeunes de Saint André qui agissant ainsi, prennent de gros risques mais provoquent un sentiment d’insécurité chez l’ennemi.

 

Le mardi 15 août 1944

 

Les Allemands mettent volontairement le feu à l’étable Burel dans le bourg. Au fond du plant, ils brûlent une camionnette avec un cadavre dedans. A noter que derrière le calvaire de la Paillerie, les Allemands creusent une dizaine de tombes. Après la guerre, les corps seront transportés par des prisonniers au cimetière de Messei, le long du mur de la route puis rassemblés plusieurs années plus tard dans un cimetière militaire Allemand.

Un tir d’artillerie américaine, sur Vaudebrune, blesse une femme et tue plusieurs chevaux.

Dans la nuit du 16 au 17 août, le Breuil et Maudouet vivent un véritable enfer. Les Américains, en position à Dieufit, se mettent à tirer sur les pièces de DCA installées au Breuil et à la Bunodière. Des fusées éclairantes donnent l’impression d’être en plein jour. Les tirs trop courts tuent environ 9 vaches chez Almire Denis. Quelques jours avant, un obus avait traversé le faîte de la maison Hébert. Les habitants ne pouvant se terrer dans les tranchées requises par les Allemands, décident de se mettre à l’abri dans le bief asséché de Hausse Pied. Mais l’endroit est couvert de très grands hêtres, dans lesquels les obus peuvent éclater à tout moment. Le père Hébert s’apercevant de cela, décide de repartir ailleurs avec sa famille. Bien lui en prit car quelques instant plus tard, un obus éclatera dans la cime, blessant un réfugié. Le ventre ouvert par un éclat, l’homme originaire de Viroflay en Seine et Oise reçoit quelques soins par les Allemands mais décèdera le lendemain, le 17 août. Une génisse blessée chez Hébert est abattue et la viande, en partie distribuée à des réfugiés. Les Allemands n’ont aucune perte, ni homme, ni matériel et partent dans la nuit. Depuis ces derniers jours, à la Pouchère, la Paillerie, la Coulombrière ainsi que dans les chemins environnants, une concentration de véhicules de toutes sortes encombre plants et chemins. Les autos, camions, chenillettes et chars recouverts de branches coupées sont à cours d’essence.

Les civils assistent au ravitaillement et profitent en échange de calva de récupérer un peu de carburant. Exact ! Dans le deuxième livre « Stalingrad en Normandie » de Eddy Florentin, un officier SS raconte « le 16 août au petit matin les restes de la 10e SS Panzer (8 chars) arrivent épuisés par une marche nocturne qui s’est étirée en longueur dans la région de rassemblement qui nous était assignée à Saires la Verrerie après s’être battue à Lonlay L’Abbaye, Domfront et manquent d’essence ». Dans la nuit du 16 au 17 août, tout ce joli petit monde repart vers son destin : Trun, Chambois, où les chars de la 10e SS Panzer sont les derniers à maintenir ouvert un passage sur la Dives. Le bois de Messei, truffé de chenillettes et de petits véhicules (aucun char) est abandonné dans la nuit du 16 au 17 août. Pratiquement jusqu’à l’aube les engins remontent le chemin de la Tuilerie et partent sur Saires. Pour protéger leur retraite et ainsi gêner leurs poursuivants, les Allemands sectionnent à l’explosif des pieds de bois, encombrant ainsi les routes. En haut de la côte du Pont ainsi qu’à la Paillerie des moignons de troncs déchiquetés témoigneront longtemps de la guerre.

 

Le jeudi 17 août 1944

 

Au petit matin, le calme inhabituel soulage les habitants et les réfugiés surtout dans les coins très encombrés la veille. Les premiers Anglais arrivent au bourg de Saint André vers 13h30. « Les patrouilles de l’Inns of Court » passèrent par Messei et Saint André et firent la jonction avec les Américains sur la route de Bellou. Les cloches sonnent à toutes volées annonçant la bonne nouvelle.

Arrivés à Vaudebrune, les Anglais ne peuvent continuer en direction de la Ferrière à cause des mines. Consultant leurs cartes, les chefs décident de prendre par les Bruyères. Aux Brulins, les trois ou quatre auto-mitrailleuses rencontrent Auguste Féret, qui, par les chemins, les guide vers la route de Bellou-la Ferrière et tout se passe bien. A noter, qu’il n’y a eu aucune perte alliée sur la commune. Dans le bourg, un FFI avec un brassard fait la circulation au carrefour principal. Les gens le reconnaissent comme étant de Saint André. C’est un des fils Bisson des Refours, qui comme tout résistant, prêtre main forte aux Anglais. Dès l’aube du 18 août, deux escadrons de reconnaissance « Royal Northumberland Fusillers » fouillent le bois de Messei, espérant trouver des traînards. Avec des haut-parleurs perceptibles du bourg, ils somment les ennemis de se rendre, mais personne. Au début de l’après-midi, tout est terminé. Quelques Allemands non armés sont capturés plus tard par la gendarmerie. Visiblement, ils voulaient être capturés pour survivre. Au Breuil, un Allemand n’oppose pas de résistance. A la Rivière, un autre, déguisé en américain et parlant bien le français, se trahit tout seul en mangeant des pommes de terre cuites, sans les éplucher.

Les Anglais distribuent du chocolat et des cigarettes. Ils sont acclamés par tous. Les gens peuvent aussi applaudir un régiment écossais (kilts). Ensuite, les convois militaires anglais mais surtout américains (avec leurs oranges jetées aux enfants) passeront sans arrêt pendant des jours et des jours. Des réfugiés repartent aussitôt, d’autres restent quelques temps encore. Certains en profitant pour faire quelques larcins avant leur retour. Ce n’est pas la grande liesse comme on peut l’imaginer, mais on vide quelques verres en l’honneur de la liberté retrouvée. Les jeunes du bourg marquent le coup quelques jours plus tard (samedi ou dimanche soir) en brûlant un pantin représentant Hitler.

En 1942, une kermesse fut organisée près du bourg pour permettre à tous d’être solidaires des prisonniers, en leur envoyant des colis, dans les semaines et mois suivants. Une deuxième aura lieu à la Rivière en 1945, pour venir en aide aux prisonniers qui rentrent toujours. Il y a comme attractions entre autres : un tir dans la grange, un manège de balançoires (Roynel), un mât de cocagne, des chevaux de bois, du théâtre par Moriss’B de Flers sous la grande remise, des courses de chevaux avec pari mutuel et le soir, un bal dans le grenier de l’étable.

Quelques prisonniers sont rentrés en 1942 pour raison sanitaire et en contrepartie des S.T.O. Il s’agit de Georges Duval de la Triboudière et de Paul Guillemine de la Trouvère. Les treize autres ne rentreront qu’en 1945. Alexandre Binet, Julien Bertrand, Paul Bertrand, André Bonhomme, Albert Bouquerel, Raymond Bourdon, André Ducreux, Eugène Duval, Fernand Duval, André Jautée, Henri Guillemine, René Louise, Ernest Petit. Le retour fut plus long pour Eugène Duval, rentré à la Mérelle, le 31 juillet 1945. Il aura donné près de huit ans de sa jeunesse à la France. Un des fils de « Saint André » fût tué à la guerre en 1940. Henri Ducreux était porté disparu au front, probablement dans les Ardennes.

 

François Paris.

Si St André de Messei m’était conté.

Éditions mémoires et Cultures.


 

 

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Dernière modification :26 juin 2008