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Préface

 

Marie-Thérèse Duflos était depuis déjà longtemps à la retraite. Elle la vivait paisiblement, voyageait beaucoup et avec attention, malgré les premières misères de l’âge. Un jour elle a offert avec ses vœux de nouvel an à ses proches et à quelques amis un « tapuscrit » comme disent aujourd’hui les éditeurs.

Avec son air nonchalant et détaché, qui n’était que la marque de sa modestie intangible, elle nous a remis un cahier d’une centaine de pages sorties de l’imprimante et assemblées avec les moyens du bord.

Je ne me souviens pas qu’elle en ait utilisé le terme, mais dans son esprit c’était une œuvrette comme disent avec dédain les critiques littéraires et les grands auteurs. Elle avait pris du plaisir à l’écrire et nous avons eu du plaisir à la lire car Marie-Thérèse avait su trouver une écriture concise et légère et débordant d’humour tout en laissant passer quelques opinions bien senties sur les humains contemporains. Un ouvrage modeste donc mais d’une grande érudition, surtout pour les mécréants parmi lesquels je me situe.

Il faut ici rappeler, si quelqu’un l’ignore, que Marie-Thérèse avait eu son enfance et sa jeunesse parfaitement corsetées par une éducation religieuse complète et un environnement que les catholiques intégristes d’aujourd’hui ne désapprouveraient pas. Cela laisse des traces profondes. Marie-Thérèse s’en était guérie par une curiosité intellectuelle avide de sociologie, d’anthropologie, de philosophie cimentées par une lucidité laïque à toute épreuve.

Noël Duflos m’a dit que les intimes et ceux qui ont bien connu sa mère trouveront aisément les clefs de cet ouvrage et quels personnages pas forcément angéliques ont pu inspirer ses portraits.

Quant à moi, faute de ces références, je n’ai pas cherché à faire tomber des masques s’il y en a. Mais j’ai pris un grand plaisir — que je revis avec émotion maintenant que Marie-Thérèse n’est plus là — à lire cette nouvelle dont certaines pages valent largement celles du « Fils du dieu de l’orage » du finlandais Arto Paasilinna.

Jean-Louis Mathieu, Juin 2006

Marie-Thérèse Duflos. "L'ange qui chantait faux".

Éditions Mémoires et Cultures.

 

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Dernière modification :26 juin 2008