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Le piège aux apparitions

(ou le serin est dans la cage)

 

Le soir, le maître du domaine de La Houssaye, en signe d’accueil de visiteurs éventuels, allume une lampe au sommet d’une tour du château. « Le Serin est dans sa cage », dit-il, lorsque ce phare est allumé.

 

Ce ne fut tout d’abord qu’un passe-temps à mon usage, une anticipation qui abrégeait de quelques secondes le supplice déjà familier de l’attente… Pour moi, la nuit était le don essentiel du jour, la certitude de sa venue colorait sa monotonie, m’en faisait supporter la lenteur, de même qu’elle affadissait mes plaisirs d’enfant solitaire. La matinée passait vite. Elle était consacrée aux études, et ma mère était un merveilleux professeur… Elle s’animait, s’assouplissait, son timbre de voix, sa manière de s’exprimer, la teinte de ses yeux changeaient. Elle acquérait une féminité qui donnait plus de force à ce qu’il y avait de viril dans la tournure d’un esprit dépourvu de préjugés, doué d’un sens critique égal à celui de mon père, affiné, élargi par une culture étonnante qu’elle mettait hors ses leçons soigneusement sous le boisseau et pour laquelle j’eus bientôt une admiration sans bornes. Si mon père était celui qui pouvait tout, elle était celle qui savait tout. Nous déjeunions à midi et demi et elle ne tolérait aucun retard qui eût compromis son emploi du temps lourdement chargé… Mon père paraissait rarement, il dormait tard. Lorsqu’il était présent, la conversation se limitait généralement aux formules de politesse, à l’échange de quelques remarques sur le temps, sur les bêtes. Parfois, il faisait part de ses projets, de ses occupations de l’après-midi, ou bien il relatait une rencontre, rapportait une réflexion d’un des fidèles du Serin ; ma mère acquiesçait d’un mot, interrogeait des yeux, écoutait passionnément ; il fallait que mon père fût exceptionnellement détendu pour qu’elle entamât, par un avis ou une réflexion, une discussion où ils se montraient également brillants et très proches l’un de l’autre, mais le plus souvent nous ne parlions guère. Le silence leur seyait, il était leur climat moral qui renforçait celui de la maison, un lien entre eux, un moyen d’expression, et j’en percevais nettement les différentes qualités depuis le silence clair, léger des bons jours, jusqu’au silence à la fois aigu et sombre des jours où ils semblaient se haïr. Lorsque mon père venait nous rejoindre, l’attente de la nuit, présente dès le matin, mais pas plus encombrante qu’un nouveau-né endormi, s’éveillait aigrement. Tout dépendait de lui. J’essayais à travers son humeur de deviner ses intentions. Le questionner ne servait à rien sinon à me faire rabrouer. Lorsqu’il m’assurait qu’il mettrait « le Serin dans sa cage », rien n’était moins sûr, lorsqu’il disait non, rien n’était perdu. Il fallait attendre… Et les heures se ralentissaient au fur et à mesure que la journée avançait. L’après-midi, j’allais dans la cuisine faire mes devoirs et apprendre mes leçons. C’était le seul endroit vivant de la maison, rempli par l’agitation de Louise, par les bruits domestiques, ceux du feu, de la bouilloire, du robinet, de la vaisselle remuée, par des odeurs de foyer, celle de la lessive l’hiver, du savon, des pâtes à fourbir, c’était aussi le rendez-vous des bêtes. Louise inflexible – elle détestait les livres et les cahiers – m’expulsait à cinq heures. J’étais alors livrée à moi-même.

Les deux camps n’étaient pas très hospitaliers à cette heure. Ma mère réservait l’après-midi aux comptes, au courrier d’affaires. Le plus clair de ce que je pouvais espérer était un de ces travaux d’aiguilles pour lesquels j’avais une solide aversion. Mon père était souvent absent, ou bien il dormait ou lisait. Il pouvait aussi bien me confier un des magnifiques livres de la bibliothèque du vieux Seymour ou m’intimer l’ordre de sortir. Le reste de la maison m’appartenait… Il y avait aussi le parc, le jardin, le verger et la campagne entière. Le silence de l’après-midi, le silence des lieux inhabités, commençait à me peser. Plus rien ne paraissait pouvoir le rompre. Parfois, quand les humeurs du printemps et de l’été coulaient du parc, sourdaient du village, d’où j’entendais les cris et les rires des écoliers en récréation, quand je sentais en moi une ardeur confuse et étouffante que ne parvenaient pas à calmer mes courses avec les chiens ou l’assaut d’un arbre, j’allais vers le château vide de Gâne où le silence était une bulle vierge, qu’un trille d’oiseau, un souffle de vent irisaient. Mais quoi que je fasse, j’avais toujours fini trop vite, où que j’aille, je revenais toujours trop tôt. Il fallait attendre… attendre que la nuit tombe, attendre pour savoir si ce silence, cette immobilité se prolongeraient jusqu’au lendemain soir, attendre le plaisir d’être aux côtés de mon père, traitée par lui comme une grande personne, attendre cette fête incertaine qui pouvait être interrompue sitôt commencée, attendre l’événement, l’aventure, l’inattendu. Lorsque le Serin était allumé, il fallait encore attendre, et cette attente devenait insupportable. Je me postais près de la fenêtre du bureau pour entendre, pour voir plus vite. Il fallait attendre que la cloche de la grille tinte et que le visiteur traverse le parc. Pour abréger de quelques minutes ce supplice et l’anxiété que me causait l’arrivée d’un visiteur qui pouvait m’arracher mon père, comme Le Hottu ou les parents des malades, je pariais avec moi-même sur l’identité de l’arrivant et je tentais de l’apercevoir avant qu’il ne tire la clochette de la porte du rez-de-chaussée au moment où il passait devant une trouée que mon père baptisa « le piège aux apparitions » lorsque, après lui avoir confié mes émotions et mes déceptions, il participa aux paris, en fit un véritable jeu. Le perdant avait le droit de réclamer n’importe quel objet de son choix. Lui exigeait souvent mes agates, moi une grenouille en calcédoine qui lui servait de presse-papiers. C’est du piège aux apparitions que Sacha s’évada tout à l’heure avant d’être absorbé par la nuit. Je ne sais quels impératifs me l’ont fait rétablir. Il a suffi de couper deux maigres baliveaux, de raser les buissons, d’élaguer les branches qui avaient la déchirure ouverte sur l’allée par un hêtre foudroyé, à demi comblée par une avancée de rhododendrons géants. L’extrémité du doigt de lumière sourde tendue depuis la fenêtre du bureau, désignait cette faille, devant laquelle tous devaient passer. Tous à leur insu jouaient au jeu des apparitions. L’apparition… Elle surgissait soudain, prise dans les mailles mouvantes des ombres, glissait, puis s’évanouissait… Un songe… Un songe qui ne durait que le temps de deux pas, le temps d’un bond, fugace comme la nuance d’un regard, et plus énigmatique. Un songe, tissé par les artifices de la nuit, par les ténèbres inégales, par le vent, les nuages, la lune, par le trucage de la distance, du mouvement. Une fantaisie inépuisable brouillait les contours, estompait les détails, exagérait ou atrophiait les proportions, falsifiait les teintes… Tout était possible. Nous jetions un nom, nous en jetions vingt. L’apparition pouvait bien n’être qu’un reflet, une moirure un peu plus sombre qu’un clin d’œil, une ride de la nuit ; qu’une illusion d’optique, un effet de notre imagination, elle était encore Gilles Seymour l’invisible et toujours présent maître de la Houssaye, ou l’insaisissable « Jenesaiqui », lequel, à lui seul, valait la peine que l’on joue. Mais il y en eut tant d’autres ! Et chacun eut son histoire. Un jour viendra peut-être où je pourrai les convoquer une à une, les immobiliser à la manière des images à projection fixe. Car peut-être n’ont-elles laissé d’autres traces que celles gardées dans mon souvenir, peut-être n’ai-je eu le mérite que de les avoir reçues… Saisi par le piège, un bras s’effilait, luisait sournoisement et devenait faux, un sabot mûrissait une clarté charnue et devenait fruit, un chapeau épanouissait une corolle flottante et devenait méduse, un visage, balle de jongleur, une main, lettre blanche d’un alphabet oublié. Tout était possible… Milcent le Gauche devenait Parcifal, son armure était chemise ; Bacchus, son pampre était botte de trèfle incarnat, trouvère, sa viole était gibecière. Le curé devint gitane à la jupe tournante, le Hamlet noir ; Jacques Clément, Gaspard le mage ; le rempailleur de chaises et sa voiture traînée par des chiens, Centaure blessé ; le maire et sa houppelande, la barque aux voiles tragiques qui emporta le roi Arthur ; le garde-chasse, porc-épic ; le meunier barbu pouvait être Noé et la colombe ; le commis voyageur à lunettes, scaphandrier et Nautilus ; l’enfant aux jambes nues, Éros et Diane ; monsieur de Rudelande, tous les empereurs romains, Puck et Jean Bart ; Toussaint le Tord pouvait être Pan, Orphée, saint Michel et dragon ; Morin, toutes les figures macabres de Holbein et de Goya ; Le Hottu, un faune et tous les personnages des chasses infernales.

Un vent rêche, volubile, fumant d’averses, cracha un soir un monstre inimaginable, un comble d’apparition, un parfait « Jenesaiqui » boursouflé, myriapode, polycaudale, encore affolé d’avoir échappé à la gueule de l’équinoxe. Il se débattait dans le piège, fosse abyssale où il se noyait dans une mixture jaspée de brume, faufilée de mercure, ponctuée de larmes de jais. « Le serpent de mer ! » s’exclama mon père. Écorchant notre protocole, nous partîmes à sa rencontre. Je m’accrochais à la ceinture de son imperméable, appliquée à marcher sans bruit, sans bouger l’épaule sur laquelle sa main s’appuyait. Cette marche dans l’opulence sauvage du parc d’automne, dissoute dans l’étoupe glaciale du crachin qui estompait jusqu’au halo de la lanterne, parmi les clameurs rugueuses du vent, était déjà pour moi une aventure qui n’avait point besoin du but. Au détour du sentier, notre pêche miraculeuse se révéla épouvantail : un vaste parapluie de cotonnade bleue se balançait, dressé en bouclier sur le dos d’un poney hydrocéphale, étançonné vaille que vaille par des bottes détrempées, bascula, auréolant un cavalier rouge, au masque de corsaire sabré d’un brandebourg de moustache, qui du haut de sa monture et tout en luttant avec son parapluie se présenta :

« Bellanger, directeur de cirque, dompteur, homme à tout faire, raté par vocation, empereur des naïfs depuis une heure et j’ai bien peur d’ici peu de gagner d’autres titres… Je vous laisse juge, monsieur, je m’installe sur la place publique, on me somme de décamper. On me calme en m’indiquant un endroit où l’on m’autorisera à faire halte, ledit endroit reconnaissable à une lumière brillante tout en haut d’une tour. J’y crois. Je suis séduit. J’endosse mon costume. J’enfourche Pégase pour faire rire le croquant et mieux le désarmer. Je vois la lumière. J’y cours. Et me voilà devant une grille… et me voici dans un bois. De maison, point. Et je comprends tout. C’était trop beau aussi. Le maire est malin. Il m’a dirigé droit vers le feu follet principal, dansant sur les ruines du château hanté. Point de quartier pour le baladin à la pourpre trouée ! Car il est incroyable qu’une demeure hospitalière pousse dans un bois comme celui-là, c’est le verger du roi Louis, à moins qu’une faveur spéciale m’ait fait entrer tout vif dans un conte de monsieur Perrault… Mais je crois, monsieur, que vous êtes logé à la même enseigne que moi, et peut-être allez-vous pouvoir m’aider à me tirer de ce mauvais pas… »

Le cirque campa dans nos murs le temps de réparer sa tente crevée par la tempête. Bellanger gagna un titre d’enchanteur, qu’il ne sollicitait pas, en montant dans le parc le plus prodigieux de ses spectacles. Nita, l’écuyère aux reins droits, aux longues tresses, allait chercher de l’eau à la source, suivie de son cheval blanc, telle une princesse barbare vaincue. Violette, déité de six ans, s’envolait fleur, se posait elfe sur la pointe du pied, dans le creux de la main de Marco. Et nul ne fut plus beau, je le jure, que cet éphèbe sévère et dédaigneux dont je fus longtemps amoureuse. Ou bien elle empanachait la nuque de l’éléphant qui déambulait dans les allées rutilantes des midis clairs d’octobre avec la majesté d’un animal sacré promenant son ennui dans les galeries de quelque palais oriental. Des chiens savants dansaient sur le perron, sur un fond de fer forgé et de roses meurtries. Pégase cambrait une silhou-ette d’hippocampe au milieu des colonnes des arbres. Des coffres regorgeaient de satins et de strass. Le claquement du fouet de Bellanger tenait le silence en respect, les clowns se jetaient au nez des giclées de xylophone et les hoquets bachiques de leurs saxos.

Il faudrait tout dire… Il faudrait dire mon père riant, plaisantant, flattant les chevaux, heureux, Bellanger chez ma mère, bousculant tout dans le travailloir, multipliant pour elle les courbettes, les ronds de jambes et les cabrioles et finissant par l’entraîner pour un « thé » mémorable dans sa roulotte, la représentation d’adieu, qu’il nous offrit pour nous quatre, car il avait conquis Louise aussi bien que nous. Mais depuis trop longtemps je tais et je censure les fastes de mon enfance. Lorsque le Serin s’est éteint pour toujours, j’ai vécu dans un monde réfractaire au merveilleux où les spectacles avaient besoin d’être signés de noms connus, besoin de longues, de délicates préparations, de salles closes, de feux de rampes, de l’approbation préalable de quelques voix autorisées pour être reconnus valables. Un monde où personne ne croyait aux miracles et où personne ne faisait quartier aux baladins à la pourpre trouée. Un monde où un raté n’est rien, jamais, qu’un raté.

J’ai encore le Villon à la reliure éculée que Bellanger m’a donné « pour que je me souvienne quand je serai grande » et où il a écrit d’une grosse écriture énergique « qu’il importe peu que les arbres du verger choisi portent des pendus ou le fruit des Hespérides, qu’il importe peu que la lumière guide soit une étoile ou un follet ». Mais le monde où j’ai vécu était si sûr de lui, si sûr que ses fruits exactement calibrés étaient les meilleurs, que ses lumières exactement comptées en kilowattheures étaient les plus belles, qu’il me faut bien à moi, malgré les empreintes et les cicatrices infligées par le royaume de mon enfance, des témoignages concrets pour ne pas douter d’une mémoire pâlie par l’autorité du nombre, les convictions opposées, une mémoire déchirée par le temps que personne ne peut plus ni rafraîchir ni raccommoder. Sans eux, sans le Christ de Toussaint le Tord, sans la dédicace de Bellanger, je pourrais douter qu’ils aient existé, tous ceux que le Serin attira. Grâce à notre fruste alchimie, chacun de ceux qui venaient jusqu’à nous devenait matière à miracle. Chacun pouvait engendrer infiniment des dieux, des mythes, des héros, des mages, des rois, des reîtres, des bardes, des bouffons, des saints, des démons. Chacun portait en soi, l’eau, l’air, le feu, les brumes des galaxies, les animaux de l’arche, les plantes des deux hémisphères, les germes sauvegardés des temps révolus, les embryons des époques futures. L’univers entier défila dans le piège. Sortis de son creuset, revenus à leur condition première de passants ou d’habitués, d’inconnus ou de familiers, ils étaient néanmoins transformés, affranchis des tares formelles, libérés des lois, des valeurs conventionnelles, de la lèpre des préjugés ; des chrysalides dont on pouvait attendre de nouvelles métamorphoses et il était rare qu’elles ne s’accomplissent. Les philtres distillés par mon père continuaient d’agir, ils conféraient à nos visiteurs une réalité digne de la fiction, en chacun il découvrait le rien de panache qui l’apparentait à l’apparition. Sa présence était un luxe, un plaisir complet, un émollient qui venait à bout des plus solides méfiances, un stimulant qui avait raison des plus fermes humilités. Il avait le pouvoir d’insuffler le bien-être qui lui livrait le meilleur de ceux qu’il approchait. Sous la servilité irritante, les flatteries grossières, la haine de certains, l’irascible orgueil des autres, les légendes usurpées, les tares et les déchéances irrémédiables, venaient les païens, adorateurs du soleil, venaient ceux qui savaient encore lire l’heure dans les ombres et dans les astres, qui prédisaient les neiges et les orages vingt-quatre heures avant qu’ils s’abattent et ressentaient avec une sensibilité de bête toutes les anxiétés et les colères, tous les fléaux de la nature. Venaient ceux qui obéissaient aux croyances dédaignées et connaissaient le pouvoir des lunes et des herbes, des signes et des formules et qui possédaient toute une géographie de lieux maudits où luisaient encore pour eux seuls le sang des faits divers, banal, historique ou légendaire. Venaient ceux qui ressuscitaient les moulins disparus, les villages vides, le tracé ancien des rivières, des villes et des routes, les forêts rasées, leurs hardes, leurs loups et les enchantements terrifiants qu’elles infligeaient aux égarés. Venaient les Don Quichotte et les anciens meneurs travaillés de scrupules, les mutins des émeutes avortées, des révolutions mort-nées, des grèves désastreuses. Venaient les hors-le-temps, les verriers sans canne, les sabotiers sans paroir, les briquetiers sans four, les faucheurs de blé sans javellier. Venaient les chômeurs, les mutilés, les détraqués, les dépouillés par la guerre, le simpliste disciple de Diogène, l’intoxiqué de Nostradamus, l’analphabète qui écoutait un menuet de Mozart, frit par le phonographe, les paupières serrées sur ses larmes, celui qui transportait dans sa musette, en compagnie de la carotte de tabac à chiquer, du couteau à cran d’arrêt, un tome des œuvres de Rabelais, qui citait Virgile ou chantait en plaçant le coup de gueule où il fallait le répertoire de Bruant, jouait le thème d’une fugue de Bach sur son harmonica, ceux qui dansaient la cracovienne, celui qui s’enfuit, traqué par les gendarmes, avant d’avoir fini la légende des charbonniers de la Hardt, venaient le professeur qui payait son écot d’un portrait, le comédien à la voix râpée par l’absinthe et à qui la mémoire défaillante faisait composer de désopilants pots-pourris de tragédies, l’homme à la mandragore, l’homme à la flûte de Pan, l’homme aux perroquets. Venaient les derniers chevaliers errants, libres d’écus et de devises, libres de foi en la clémence, ceux qui appelaient le Serin « Polaire Seconde. »

 

Marion Lavernière. "Du côté de Pénélope"

Éditions Mémoires et Cultures.

 

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Dernière modification :26 juin 2008